Illustration bannière: Arthur de Pins.

mercredi 6 janvier 2010

La valeur des mots.


On ne va parler ni de sexme, ni dire des trucs méchants. (et là, c'est sûr, on vient de perdre Anna)

Mais voilà: parfois, j'ai l'impression d'avoir un problème avec les mots.
D'être suspendus à eux, d'attendre qu'ils me fassent du bien, ou même du mal. Je les décortique, les soupèse, je les range bien soigneusement dans des cases. Oui, j'ai un système de case à l'intérieur de ma tête, où je range les mots par ordre alphabétique: d'ailleurs quand je parle vite, il m'arrive de dire le mot de la case qui est juste à côté. Mais ne me faites pas enfermer, je jure que tout va bien.

Mais j'avoue: j'accorde une importance toute particulière aux mots. Toute particulière pour ne pas dire excessive, même.

Ce sont pour moi des armes, des couteaux. J'ignore d'ailleurs pourquoi j'ai cette image.

Il y a deux sortes de mots:
- les mots oraux: j'ai par exemple déjà partagé la vie d'un homme, pour qui les mots étaient des accessoires, des futilités, des riens qui sortaient aussi facilement qu'il respirait. Parler tout le temps, de tout, de rien, avec moi, avec personne, avec tout le monde, seul, face à un livre, ...
Quand nous nous disputions, ses paroles étaient donc pour moi creuses et sans réelles valeurs. Avec le recul, je revois nos échanges surréalistes: lui qui gesticulaient et déversaient des torrents de paroles, moi en face, précise et incisive. Les David et Goliath de la parole.

Quand je suis fatiguée ou malheureuse, ce "ressenti" vis à vis de tout ça est exacerbé et je vais passée pour une cinglante sauvage, qui préfère écouter, parler peu mais être juste dans ses propos.

-les mots écrits: j'ai gardé toutes les lettres, sauvegardé chaque mail précieux, chaque petite note griffonnée. Et j'aime savoir que les mots écrits restent, toujours, alors cela me rassure, ils sont tout près et à ma portée.
J'aurais beaucoup plus de faciliter à me livrer à l'écrit, moi l'handicapée notoire des échanges verbaux sentimentaux. Ecrire 25 fois à quelqu'un que je l'aime, aucun souci. Le dire, c'est autre chose ma bonne dame!

Les mots ont un poids. Je peux me souvenir de n'importe quelle parole échangée, de tous les mots blessants entendus, alors que je peux oublier un coup reçu. Il n'y a rien à mon sens qui peut faire plus mal que les mots. Je les aime et je les crains, aussi.


Et demain, je vous écrirais sans avoir voulu prouver que quand il fait -5° dehors, la meilleure solution pour rester en vie est de boire de la vodka. En même temps, je ne sais pas pourquoi, mais je me dis que faire ça juste à côté de la cheminée, ce n'était pas trop une bonne idée.

6 commentaires:

val a dit…

Je suis d'accord avec toi, les mots ont du poids. Et une fois dits ou écrits, c'est fait. La parole, c'est très important.

ang-aile a dit…

Bonjour,

Je découvre ton blog et j'aime beaucoup !

Bonne continuation pour 2010 !
ang-aile

Aline a dit…

Tu as raison ! Les mots sont très importants et même plus fort que des gestes. On les associe toujours à des émotions, si petites (ou intenses) soit-elles !!

J'aime beaucoup tes articles ! Bisouuus

Anna a dit…

Je suis perdue !

C'est quoi le sujet, déjà ?!

La vie (où est le) mode d'emploi (?) a dit…

C'est joli, ce que tu dis, "les mots, je les aimes, et aussi je les crains".

La Fille a dit…

@ val: tu me rassures... :-)

@ ang-aile: bienvenue et merci beaucoup. Je vais jeter un oeil par chez toi.