Illustration bannière: Arthur de Pins.

samedi 9 juin 2012

Mais ça n'a rien à voir.

Consciencieusement, j'ai tout reconstruit.
Ah ça, je ne suis pas peu fière...

J'ai un nouvel appartement, bien plus petit, mais que j'ai choisi seule et où je me sens bien, dans un nouveau quartier que je découvre et que j'aime. C'est chez moi, et je reste des heures allongée sur le nouveau tapis, à me dire que c'est chez moi. C'est-chez-moi, c'est-chez-moi, c'est-chez-moi, c'est-chez-moi, c'est-chez-moi, c'est-chez-moi, c'est-chez-moi, c'est-chez-moi, c'est-chez-moi, c'est-chez-moi, c'est-chez-moi, c'est-chez-moi, c'est-chez-moi, c'est-chez-moi, jusqu'à ce que la tête m'en tourne.
Je ne chiale plus que quand je m'écrase le petit doigt de pied quelque part, le plus souvent contre la chambranle d'une porte. Parce que Bon Dieu, putain, ça, ça fait vraiment mal.

J'ai un nouveau travail, que j'ai gagné à l'acharnement, et aussi parce que je le mérite, que j'aime et qui me conforte dans tous mes précédents choix professionnels. On s'est apprivoisé lui et moi.
La bonne humeur, l'entente et le rire font partie intégrante de mes longues, souvent si longues journées. Il occupe tout l'espace, enfin, tout l'espace que je lui donne.
J'y déjeune et bien souvent j'y dîne, je parle toute seule dans mon bureau, parfois j'écoute la musique très fort en chantant à tue-tête, parfois j'y bois du rosé, j'ai des chaussures dans mon placard et une réserve Milka dans un tiroir. Je me lève avant mon réveil pour le surprendre tôt le matin.
On peut donc dire que c'est comme si j'étais de nouveau en couple, non? Comment ça, non?

J'ai envie d'acheter une maison de campagne.

J'ai envie d'un beau bijou.

Je me rends compte que j'ai envie de choses qui durent.

J'ai tout reconstruit autour de moi.
J'ai tout reconstruit "dans" moi.
Je suis une trentenaire, célibataire, épanouie et indépendante.  You hou. (Cache ta joie).
En surface. Ne venez pas trop gratter quand même... d'ailleurs, je ne prends plus le temps de gratter moi non plus.

La touche -> de mon clavier ne fonctionne plus, c'est chiant à mourir.
Mais ça n'a rien à voir.

Il ne me reste qu'une cicatrice: la peur d'échouer.
Je ne m'étais jamais arrêtée pour savoir si j'allais y arriver, ou si j'allais échouer. Jamais. Tête baissée, tout le temps.
Maintenant, quand je commence quelque chose, il y a cette petite question, et j'essaie de faire comme si je n'entendais pas. Mais je sais bien qu'elle est là. "Est-ce que je vais y arriver?"

Ma vie m'offre milles vies. Je suis riche de moi, alors pourquoi la peur d'échouer? Et échouer quoi, d'abord?

Je vais faire des cannelés.
Evidemment que je vais y arriver!

11 commentaires:

Joufflette a dit…

Je pense que tu vas y arriver. Je doute toujours de moi-même, et que les autres me disent qu'ils croient en moi m'aide pas mal. Alors je te le dis moi aussi, tu vas y arriver ! Tu as même réussi à faire des choses que je n'envisage que dans ma tête alors...

Wxug a dit…

Coucou toi ! :-)

"Est-ce que je vais y arriver?"
Voyons voir... Un nouvel apart', un nouveau job', " épanouie et indépendante"...

Tu viens de faire tellement de choses difficiles avec succès, qu'est-ce qui pourrait bien te résister désormais ? :-)

Byou. :-)

Sia a dit…

ça fait un bien fou de te lire avec cet état d'esprit !
Bravo pour tout :)

lafeetatouee a dit…

magnifique billet, plein d'optimisme et d'espoir !
je suis heureuse pour toi !

ennA a dit…

Cela me fait vraiment plaisir de lire un tel billet!
La peur d'échouer? Mais je ne vois que des succès dans ce que tu nous décris.

Bavardages et Medisances a dit…

@ Joufflette: merci de me le dire. Je crois que je ne me rends pas trop compte du chemin que j'ai fait. Faut dire que j'ai couru sans me retourner. ;-)

@ Wxug: Oh il en reste des choses qui me résisteront... mais c'est sûr que ça n'aura plus jamais le même effet sur moi.

@ Sia: merci milles fois.

@ lafeetatouee: comme je le dis plus haut, j'arrive à formuler tout ça, mais je ne me rends pas vraiment bien compte de ce que je viens d'accomplir...

@ ennA: en réalité, en me relisant, je crois que j'ai plus peur de l'impact qu'un échec aura sur moi, que de l'acte d'échouer en lui-même. Il faudra qu'avec le temps j'arrive à ne plus voir tout ça comme un échec cuisant de ma part, et peut être alors j'aurais moins peur de ressentir ça à nouveau... je ne sais pas... :-)

Poppy Rawson a dit…

Ca fait teeeellement plaisir de lire ce genre d'article rempli de positivisme :)

Anonyme a dit…

Je te trouve vraiment admirable, d avoir sû prendre le taureau par les cornes, avoir sû t en sortir comme cela...

Heureuse de lire ce billet et d avoir des nouvelles...

Tu as peur de l échec? mais de quel échec?

Tu as réussi à t en sortir la tête haute, et en peu de temps... après ce que tu as vécu, de comment cela s ´est passé et les après, perso je pense que si tu y arrives, alors tu peux tout réussir...

Je suis vraiment contente de te lire et je t avoue, tu me reboostes...

Anonyme a dit…

oups j ai oublié de mettre mon nom, c est Elisabeth qui a déjà posté sur ton blog... à bientôt ;-)

Anna a dit…

"Echouer quoi" - Comme disent souvent les profs de maths, la réponse est dans l'énoncé !
Bravo ma biche !

Bettyboop60 a dit…

Comme on dit petit à petit l'oiseau fait nid. :)